Avancer la bienveillance en bandoulière

La bienveillance fait partie de ma vie. Je l’applique et je la prône. C’est par exemple la seule injonction que je donne lors des cours de Kundalini Yoga que j’anime : sois bienveillant-e avec toi-même.

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de renforcer mon interaction avec la bienveillance. Intensément. Consciemment. Assidument. Et avec bienveillance.

Avant de vous partager cette expérience, il est peut-être utile de préciser que pour moi, la bienveillance est avant tout réflexive, c’est-à-dire qu’elle est d’abord destinée à sa relation à soi, avant d’être une qualité relationnelle avec le monde. Nous méritons notre bienveillance, qui rend non seulement notre vie plus douce, mais peut porter des fruits d’une richesse et d’une saveur insoupçonnées.

Passons au contexte: les vacances. Attendues impatiemment par la majorité des travailleurs, elles ont toujours pour moi un goût doux-amer. Je vous brosse le tableau en 3 lignes:

  • j’ai un travail-passion que j’effectue depuis la maison
  • j’ai 2 enfants (pré-)adolescents
  • pendant longtemps, j’ai été complètement disponible pour eux

Donc lorsque les vacances arrivent, je dois renoncer à mon espace de travail habituellement paisible, soudain envahi par deux gars qui n’ont pas vraiment besoin de moi, sauf si je suis occupée à quelque chose… Je me sens comme si je skiais avec fluidité et élan sur une piste damée, pour tout à coup arriver dans une bande de poudreuse de printemps, bien lourde et collante, qui absorbe mon élan comme l’airbag absorbe le choc. Ensuite (on change de sport…), c’est comme redémarrer à vélo après un feu rouge: l’énergie nécessaire pour traverser le carrefour est bien plus importante que si le feu avait été vert et l’élan maintenu.

Cette année, redémarrer a été… un processus. Au moment de reprendre, je me suis retrouvée vidée, fatiguée, épuisée, pleine de doutes et de peurs, remplie d’interrogations, chahutée émotionnellement. Je me sentais lasse. Tellement lasse. Désillusionnée. A quoi bon? Pourquoi? Qu’est-ce que j’ai à offrir? Qu’est-ce qui m’anime déjà?

Face à cette marée, je me suis engagée et réengagée une nouvelle fois à m’accorder toute la bienveillance du monde. J’ai consacré mon énergie non pas à faire (du marketing, des démarches, des formations, du réseautage, …) mais à être. Etre dans l’accueil de l’instant, profiter du soleil qui traîne en cette fin d’été, suivre mes envies et inspirations, me laisser du temps, siester, lire, me nourrir physiquement, intellectuellement, spirituellement, et surtout, surtout me tenir éloignée de tout forme d’auto-jugement dépréciatif. M’ouvrir à chaque instant à m’aimer même si… 

C’est génial! C’est juste génial de traverser ce type de désert avec sa bienveillance en bandoulière! On en ressort grandie, régénérée, alignée. On en retire de la clarté, de la force, de la confiance.

M’accorder ce temps avec bienveillance plutôt que vouloir forcer les choses a permis à des portes de s’ouvrir, à l’intérieur de moi, mais aussi à l’extérieur: un afflux de clients s’est présenté aussitôt que je pouvais l’accueillir avec joie, comme pour confirmer que j’avais bien travaillé pendant ce temps où je ne « faisais rien ». 

Merci la vie de m’avoir accordé cette opportunité de bienveillance. Merci moi de m’être traitée avec douceur et respect, de m’être soutenue et d’avoir suivi mon coeur. Merci l’Univers de me féliciter de si belle manière du chemin que j’ai fait. Merci vous d’être vous, tout simplement. Et avec bienveillance!

 

 

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