La quadrature du cercle

Samedi soir, fête chez des amis. De nouvelles rencontres, des présentations. Arrive forcément un moment où la question sort.

  • Tu fais quoi?
  • Je construis des ponts
  • Ah! Tu es ingénieure civile?
  • Non, pas du tout. Je construis des ponts entre le matériel et le spirituel, l’épanouissement et la prospérité, la réussite intérieure et extérieure. J’aide les entrepreneurs et leaders à gagner en conscience et en puissance.
  • Ah… mais… tu es coach alors?

Vous est-il déjà arrivé, ne serait-ce qu’une seule fois, de pouvoir satisfaire votre interlocuteur curieux de savoir ce que vous faites sans que les mots je suis, tu es ou vous êtes ne soient utilisés dans la réponse?

Mais alors, comment répondre?

Si je réponds à la question et explique ce que je fais, mon interlocuteur reste frustré car son besoin humain et fondamental de savoir qui je suis n’est pas assouvi. En réalité, notre véritable préoccupation n’est généralement pas de savoir ce que la personne fait, mais de répondre à tout un tas d’autres questions inconscientes: est-ce que je peux me fier à cette personne? suis-je en sécurité avec elle? qui suis-je par rapport à elle? A côté de la question rhétorique de l’occupation professionnelle, une multitude d’autres paramètres non verbaux sont analysés en tâche de fond. Interviennent pêle-mêle la posture, le timbre de la voix, les souvenirs, l’habillement, le niveau vibratoire, la distance, l’odeur, etc…

Notre super ordinateur interne (aka système nerveux autonome) va compiler ces données en 2 temps 3 mouvements pour arriver à son verdict: sécurité ou danger. La réponse se présentera à notre conscience sous les traits de plaisir/déplaisir à poursuivre l’interaction. En cas de déplaisir, on ressent rapidement l’envie de fuir ou d’attaquer. Ca vous rappelle quelque chose?

D’un autre côté, si je satisfais au besoin de mon interlocuteur en lui donnant une réponse fade mais qui facilite son classement, je contreviens à de nombreuses règles de base. Il y a la règle de base du français qui demande de respecter les champs sémantiques et répondre avec une ou plusieurs actions. La règle de base du réseautage qui demande à sortir du lot pour permettre à l’autre de se rappeler facilement de nous. La règle de base du marketing qui veut maintenir la curiosité en éveil. Et ma règle de base qui implique d’utiliser les mots « je suis » avec respect et conscience de leur effet vibratoire puissant.

Parfois, je me sens d’humeur joueuse et réponds à l’interpellation « ah, mais tu es coach alors » avec un message décalé et profondément vrai, de type: « Pas tout à fait. En vérité je suis un être spirituel incarné dans la matière, comme toi. Je suis lumière et amour. Dans ma vie professionnelle, j’offre mes services sous forme de coaching aux femmes pour soutenir et développer leur leadership. » Mais la vérité, c’est que je n’ai pas toujours envie du regard mi-interrogateur mi-jugeant de l’autre. Parfois, j’ai juste envie d’être sans paraître. Simplement être sans expliquer.

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